Guide

Ordre du jour du conseil syndical : modèle et bonnes pratiques

Bonne nouvelle : la loi ne vous impose presque rien sur la façon dont votre conseil se réunit. Mauvaise nouvelle : c'est exactement pour ça que tant de réunions durent deux heures et n'accouchent de rien. Voilà ce qui fonctionne en pratique, et un modèle à reprendre tel quel.

Antoine Gordien membre d'un conseil syndical 7 min de lecture

Ce que la loi impose (et ce qu'elle laisse ouvert)

Contrairement à l'assemblée générale, dont la convocation, l'ordre du jour et le procès-verbal sont strictement encadrés, le fonctionnement interne du conseil syndical est laissé à la copropriété elle-même. L'article 22 du décret du 17 mars 1967 le dit ainsi :

À moins que le règlement de copropriété n'ait fixé les règles relatives à l'organisation et au fonctionnement du conseil syndical, ces règles sont fixées ou modifiées par l'assemblée générale à la majorité de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965.

Premier réflexe, donc : relisez votre règlement de copropriété. Il contient peut-être déjà des règles sur la fréquence des réunions, le quorum ou la convocation, auquel cas elles s'imposent à vous. Si le règlement est muet et que l'assemblée n'a rien fixé, le conseil s'organise librement.

Le même article pose deux règles qui, elles, s'appliquent toujours :

  • Le conseil syndical rend compte à l'assemblée, chaque année, de l'exécution de sa mission. Ce n'est pas réservé aux conseils qui disposent d'une délégation de pouvoirs : c'est valable pour tous.
  • Le mandat des membres ne peut excéder trois années, renouvelables.

Ce que « rendre compte chaque année » implique. Si vous devez présenter le bilan de votre mission à l'assemblée, il faut avoir gardé une trace de ce que vous avez fait pendant douze mois. Un conseil qui ne consigne rien se retrouve à reconstituer son année de mémoire, la veille — et sous-vend systématiquement son propre travail.

Un modèle d'ordre du jour

Un ordre du jour de conseil syndical n'a pas besoin d'être long. Il doit surtout distinguer ce sur quoi on veut trancher de ce dont on veut simplement parler — c'est la confusion entre les deux qui fait déborder les réunions.

Conseil syndical du [date] — [lieu ou visio]
Début [heure] · fin prévue [heure]

1. Suivi des points de la dernière réunion (10 min)
Ce qui a avancé, ce qui est bloqué, et pourquoi.

2. Points à trancher (le cœur de la réunion)
2.1 [Sujet] — décision attendue : [laquelle] — pièces jointes : [devis, courrier…]
2.2 [Sujet] — décision attendue : […]

3. Points d'information (rapide)
3.1 [Sujet] — pour information, pas de décision attendue.

4. Questions à porter à l'assemblée générale
Ce que le conseil demandera au syndic d'inscrire à l'ordre du jour.

5. Prochaine réunion — date fixée séance tenante.

Trois détails font la différence, et ils tiennent en un mot chacun :

  • La durée annoncée par point. Elle n'est jamais respectée, mais elle signale ce qui est important.
  • La décision attendue, écrite. « Choisir entre les devis A et B » n'est pas la même réunion que « parler du ravalement ».
  • La date de la prochaine réunion, fixée avant de se quitter. Un doodle lancé trois semaines plus tard coûte un mois.

Le construire en continu, pas la veille

L'ordre du jour rédigé la veille au soir par une seule personne est le péché originel des conseils syndicaux. Il produit mécaniquement trois effets : les sujets des autres membres n'y figurent pas, personne n'a eu le temps de lire les pièces, et le rédacteur porte seul la charge mentale de la réunion.

L'alternative tient en une phrase : l'ordre du jour est ouvert en permanence, et chacun y dépose ses points au fil des semaines. Quand un résident signale quelque chose en mars, le point est ajouté en mars — pas retrouvé en juin.

Le bénéfice caché est ailleurs : au moment de la convocation, l'ordre du jour est déjà écrit. Il ne reste qu'à le trier et à l'envoyer.

Un ordre du jour que chacun alimente

Dans Coprelo, chaque membre ajoute ses points quand il y pense, avec son nom attaché. Au moment de la réunion, l'ordre du jour est déjà construit.

Voir comment fonctionnent les réunions →

Voter en amont ce qui peut l'être

Beaucoup de points ne méritent pas une discussion : ils méritent un choix. « Retient-on le devis A ou le devis B ? » n'a pas besoin de deux heures et de six personnes dans la même pièce, à condition que chacun ait eu les pièces.

Ouvrir ces positions à l'avance, avec une date de clôture fixée à celle de la réunion, change la nature du moment collectif : on ne se réunit plus pour compter des voix, mais pour traiter ce qui résiste. C'est aussi la seule façon de faire participer un membre qui ne peut pas être présent.

Attention au vocabulaire. Sauf délégation de pouvoirs votée par l'assemblée, ce que le conseil « vote » entre ses membres reste un avis, pas une décision opposable. Écrivez « le conseil est favorable à… » plutôt que « le conseil décide de… ». Le détail paraît formel ; il ne l'est pas.

Si votre conseil dispose au contraire d'une délégation, les règles de majorité et de procès-verbal changent complètement — nous les détaillons dans le guide sur les pouvoirs du conseil syndical.

Le lien avec l'assemblée générale

Le point 4 du modèle n'est pas décoratif. Le conseil syndical dispose d'un droit direct, prévu à l'article 10 du décret du 17 mars 1967 :

À tout moment, un ou plusieurs copropriétaires, ou le conseil syndical, peuvent notifier au syndic la ou les questions dont ils demandent qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour d'une assemblée générale.

Le syndic porte alors ces questions à l'ordre du jour de la prochaine convocation — ou, si la demande arrive trop tard, à celui de l'assemblée suivante. Selon les cas, un projet de résolution doit accompagner la demande ; pour des travaux relevant de l'article 25 de la loi, un document précisant l'implantation et la consistance des travaux est également requis.

Concrètement : ne repartez jamais d'une réunion de conseil sans avoir listé ce qui doit remonter à l'assemblée, et sans savoir qui le notifie au syndic, et quand. C'est la marche que les conseils ratent le plus souvent, et elle coûte une année entière.

Après la réunion : la seule partie qui compte

Une réunion de conseil syndical ne vaut que par ce qu'il en reste. Trois éléments suffisent, et ils tiennent sur une page :

  1. Qui était présent. Cela paraît anecdotique jusqu'au jour où une décision est contestée.
  2. Ce qui a été acté, point par point, avec le sens des positions exprimées.
  3. Qui fait quoi, pour quand. Un point sans porteur ni échéance reviendra à l'identique à la prochaine réunion.

Le troisième est celui qu'on saute le plus volontiers, et c'est celui qui fait toute la différence entre un conseil qui avance et un conseil qui tourne en rond. Un sujet traité doit sortir de l'ordre du jour et entrer dans un suivi, avec un nom en face.

Du point de l'ordre du jour au suivi

Un point non tranché devient une carte du tableau de suivi, avec son échéance et son porteur. Le sujet continue d'avancer entre deux réunions.

Voir le tableau de suivi →

Résumons. La loi vous laisse presque toute liberté sur la forme de vos réunions — c'est une chance, pas un vide à combler par de la solennité. Un ordre du jour ouvert en continu, une distinction nette entre trancher et discuter, les positions prises en amont quand c'est possible, et un relevé qui attribue chaque suite à quelqu'un : c'est tout ce qu'il faut, et c'est déjà beaucoup plus que ce que fait la moyenne des conseils.

Sources

Ce guide décrit l'état des textes à sa date de publication et ne constitue pas un conseil juridique. Vérifiez toujours ce que prévoit votre propre règlement de copropriété.

Un ordre du jour que tout le conseil alimente.

Coprelo réunit les dossiers, les votes et les réunions de votre conseil syndical au même endroit. Essai gratuit 30 jours, sans carte bancaire.

30 min avec Antoine, membre d'un conseil syndical. Ou essai libre, sans carte bancaire.